•  

    Ce blog est un cadre de retrouvailles des ngunguois de Mbanza Ngungu avec les ngunguois du monde éparpillés dans les quatre coins de la planète...

     

    Nsona Ngongo, Thysville, puis Mbanza Ngungu, telles sont les appellations successives par lesquelles notre cité a été identifiée selon les époques qu’on a vécu. Anciennement connu sous le nom de Nsona Ngungu, du fait de la tenue d’un marché le jour de nsona, dans les parages de l’ancien village du Chef Ngungu. C’est au Commandant Albert Thys que revint l’insigne honneur de découvrir ce haut lieu du commerce au cours de l’une de ces nombreuses pérégrinations,. IL fut attiré par l’abondance des produits qu’on y écoulait et par la qualité de l’eau de source qu’on buvait.  Ayant décidé d’y ériger le grand atelier de la société des chemins de fers Matadi-Kinshasa qui était en construction. Il décida d’implanter en ce lieu le siège de cette compagnie qu’on voulait au début installer à Tumba. Il confia au Commandant Bilau la mission de conduire les travaux qui ont permis la construction de cette importante station de l’Otraco. C’est tout à fait normal qu’à ces débuts, Thysville fut une cité des forgerons. Cette station a vu le jour de manière formelle en 1896, mais c’est en 1905 que Thysville va acquérir le statut d’un centre extra coutumier, ce qui justifie le premier centenaire de cette cité fêtée en 2005.

    Mbanza Ngungu est une localité située dans la province du Kongo Central. C’est le chef-lieu du District des Cataractes et du Territoire de Mbanza Ngungu. Il se trouve  sur la Nationale n° 1, à mi-parcours entre les villes de Matadi, chef lieu de la province du Kongo Central  et Kinshasa, la capitale de la RDCongo. Kisantu dans le District de la Lukaya, la cité la plus proche se trouve à 37 kilomètres . Une route secondaire permet de rejoindre via Ngombe Matadi, la localité de Nkamba (La Nouvelle Jérusalem), siège de l’Eglise Kimbanguiste. D’autres localités de très grande importance pour l’économie de la province sont dans la périphérie de Mbanza Ngungu. Nous pouvons citer Lukala avec sa cimenterie, Kuilu Ngongo et et sa société sucrière, Nkolo Fuma et son unité agro-pastorale, sans oublier Lufu Toto, le deuxième atelier de l’ONATRA.    

    Sa superficie actuelle est de 8190 km². Sa population est estimée à plus ou moins 100.000 habitants. C’est la troisième ville du Kongo Central par son importance démographique, après Matadi et Boma. Sa population est composée en grande partie des Bandibu et Besi Ngombe, suivie des Manianga et Bantandu. On y retrouve aussi des Bamboma ou Mbanza Manteke, des Bayombe, et des ressortissants des autres provinces du pays sans oublier une forte colonie angolaise composée des Bazombo et Ba Sansala. Le kindibu est la langue parlée. Toutefois, celle-ci est une variante d’un nouveau genre qui fait un mélange des différentes langues kikongo du terroir. 

     Mbanza Ngungu est située dans une région de collines et de vallons. La place du belvédère considérée comme le point le plus culminant de la cité se trouve à 785 mètres d’altitude. Son climat est assez pittoresque avec deux saisons, l’une pluvieuse qui va d’octobre à mi mai, et une saison sèche dont la température varie parfois entre 10 et 5° C. Anciennement localité touristique, Mbanza Ngungu est connue par ces grottes dont l’une d’elle a la particularité de renfermer des poissons aveugles, un spécimen rare et unique au monde pouvant faire l’objet d’une curiosité scientifique. On retrouve aussi dans une de ses grottes la tombe de Mfumu Ndombolozi Finzolwa, un des grands chefs de cette partie du pays qui y fut enterré au 17ème siècle. 

    Mbanza Ngungu fut une importante station de l’Otraco qui y avait érigé un grand atelier destiné à la maintenance des locomotives. Le premier siège social de la société des chemins de fers Matadi Kinshasa était installé à Thysville, dans les locaux occupés actuellement par le District des Cataractes, tandis qu’un important complexe hôtelier, l’Hôtel ABC où les passagers expatriés en transit à Thysville étaient obligés de dormir. 

    Elle est reliée au chemin des fers Matadi Kinshasa par un embranchement de 15 kms par la gare de Muala Kinsende ex. Marchall. Cette société fut durant des longues années l’une des références de notre cité. Une grande partie de ses attributions ayant été transférées à Kinshasa, elle a cessé de jouer le rôle majeur qui fut le sien dans la gestion de la cité. Cette situation fort regrettable se fait ressentir dans plusieurs activités d’ordre socio économique dont elle était engagée. 

     Outre sa fonction administrative qu’elle a toujours exercée du fait qu’il abrite le siège du district et du territoire, Mbanza Ngungu est aujourd’hui une cité universitaire de premier ordre. Il abrite les activités de l’Université Kongo où fonctionne les facultés d’Economie et Gestion, de Droit, Agronomie, Lettre et Communication Sociales et Polytechnique. Seule la Faculté de Médecine est installé à Kisantu à cause de sa proximité avec l’Hôpital Saint Luc de Kisantu. C’est le fils aîné des Universités Communautaires et privés en RDC. On y trouve aussi l’Institut Supérieur Pédagogique qui forme depuis plus de trente ans des professeurs qualifiés dont l’enseignement secondaire a besoin pour l’éducation de ces enfants. D’autres Instituts d’enseignements supérieurs privés complètent cette liste au bonheur des étudiants qui y suivent leurs enseignements (ISDR,

    Avec ces deux garnisons militaires (Camp Lieutenant Colonel Ebeya ex. camp Hardy, Camp Nsona Nkulu), Mbanza Ngungu reste l’une des plus importantes bases militaires du pays. Avant l'accession du pays à l’indépendance, les troupes de la 4ème brigade indépendante et les commandos du Camp Nsona Nkulu furent parmi les éléments d’élite de la Force Publique. L’Ecole de Formation des Troupes Blindés – EFATBL de Nsona Nkulu fut à un certain moment de son histoire, une école de renommée internationale où plusieurs armées africaines envoyèrent leurs militaires pour y être formés. 

    Sur le plan géographique, Mbanza Ngungu est subdivisé en plusieurs quartiers. La Ville Haute est le quartier le plus select de la cité. Il est réservé aux autorités administratives, à certains opérateurs économiques et quelques individualités qui ont construit dans la forêt de Noki. Un important centre commercial géré autrefois par des commerçants portugais fonctionnait dans ce coin durant la période coloniale, jusqu’à la période de zaïrianisation. 

    A Nsona Nkulu, il existe le camp des agents de l’ONATRA, une nouvelle cité construite autour des villages Kimuingu et Mpete, l’hôpital, le stade et les cimetières portant le même nom, sans oublier les écoles catholiques de la paroisse de Sainte Thérèse et le Collège de Nsona Nkulu. 

    Par opposition aux deux agglomérations citées ci-haut, les portugais désignaient les quartiers occupés par les autochtones sous le vocable de Sanzela. Mbanza Ngungu avait un quartier réservé aux Ouest africains qui portait le nom de quartier Masindangadi (Sénégalais) pour les non initiés. Il était situé tout au long du chemin des fers presqu’en face de la vallée des Ulysse. La cité dite Sanzela regroupait les avenues Bandibu, Charles, Zongo, Elisabeth et Bakongo. Plus tard viendront se greffer à cette petite cité les avenues Léopold. Albert, Thys, Stanley et Tabora. Ces avenues font partie du quartier Ngungu, que les anciens identifiaient sous le nom de Quartier Natal. On les appelle aussi Besi Londe. Thysville va connaître par la suite son agrandissement fulgurant qui s’est déroulée en plusieurs étapes, jusqu’aux frontières actuelles de notre ville qui vont jusqu’à Kumbi, à l’ouest, à Kola à l’est et Loma au nord. Au centre, nous avons à Missioni, autour de la mission protestante de Mviloti, une importante agglomération dont les limites vont jusqu’au chemin de fers. 

    A partir de l’avenue Manianga au niveau de Kiakia Bar commence la partie de la cité appellée Ndimba où nous avons aussi les quartiers Kitoko Nsunga et Kumbi. Le triangle formé à l’intersection de la route nationale jusqu’à l’avenue Makanda Kabobi et se coupe à l’ancien dancing Kiakia Bar, pour se prolonger jusqu’au niveau du parking était une sorte de camp de concentration où étaient placés les adeptes du secte des Ngunza. 

     Mbanza Ngungu s‘est élargie jusqu’à Kola, en passant par la vallée de Loma et l’Athénée de Thysville qui font face au camp militaire Lieutenant Colonel Ebeya

    Les anciens de Mbanza Ngungu se souviendront toujours de la très bonne qualité de l’eau qui était à leur disposition et qui faisait le bonheur des ménagères. D’une part, il y avait la source ou nkelo à Kidiaki, et plus tard la station d’eau de Kusu Kusu gérée par la Regideso fut chargée de la distribution de l’eau potable dans toute la cité. Des pompes publiques furent installées pour les indigènes dans certaines avenues, alors que les expatriés et certains évolués étaient directement desservis par cette société. Aujourd’hui, Mbanza Ngungu est ravitaillé par les puits creusés par des chinois pour le compte de la REGIDESO dans les parages de l’Institut de Kola et chaque parcelle est dotée de sa propre pompe. 

    L’électrification de Mbanza Ngungu ne date pas d’aujourd’hui. Cité à vocation industrielle avec la présence des installations de maintenance des machines de la société des chemins de fers du Congo, elle est parmi les premières cités à bénéficier du courant de la centrale de Zongo. La Centrale de Zongo, initialement construite pour une population estimée à moins de  50.000 habitants est largement dépassée par la forte demande en énergie domestique. A cause de la surcharge et de la vétusté du matériel, le phénomène de délestage a élu droit de cité dans la ville. 

    C’est de cette future ville urbano-rurale qui va s’étendre jusqu’aux frontières de l’actuel secteur de Boko que nous allons consacrer nos écrits


    3 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique