• LA VIE DANS LA CITE DE THYSVILLE

    Vers les années 1950, Thysville n’était pas très grand. Il comportait deux parties :

    a.    La cité des blancs que nous appelions la ville ;

    b.    La cité des noirs que nous appelions « SANZELA » c’est-à-dite : sans heure.

    On y allait sans restriction sauf lorsqu’il y avait couvre feu. Tandis qu’en ville, il fallait une certaine discipline. Le dimanche par exemple, entre 14 et 16 heures, il n’y avait pas de bruit parce que les blancs faisaient leur sieste. Seuls quelques garçons turbulents prenaient le risque d’aller se promener en ville, à la recherche des noix de coco, pour cueillir des mangues, des « Mingiengie », des goyaves selon les saisons ou même « faire les poubelles ». On entendait juste le chant des oiseaux. C’était merveilleux. Thysville avait à cette époque 6 terrains de football :

    1.    En ville pour les blancs. Ce terrain a disparu avec la construction de l’ISP/MBANZA NGUNGU ;

    2.    NSONA-NKULU pour l’OTRACO ;

    3.    Au grand marché, ce terrain appartenait aux catholiques. L’Etat Congolais l’a ravi et a loti. On y a construit des maisons d’habitation, les bureaux de la REGIDESO et de l’INSS, etc…

    4.    Le terrain des Protestants à la ville haute sur l’Avenue Marie-Josée ;

    5.    Le terrain des Protestants sur Offitra, l’actuel Stade Papa KITEMOKO ;

    6.    Sur l’Avenue BOMA, ce terrain a été désaffecté et on y avait construit des maisons que nous appelons vulgairement « Camp Office » ou « Maison Fonds d’Avance » ou « Maison Fond du Roi ».

    Histoire des marchés

    Le tout premier marché central de Thysville était situé au passage à niveau, là où se trouve actuellement la station d’essence COBIL. Le marché était presque au centre, la grande population était localisée au camp Sénégalais, au camp OTRACO, au camp Militaire de NSONA NKULU et la cité. Le camp militaire Hardy ne sera construit que vers 1955. Le marché sera délocalisé par la suite de nombreux accidents de circulation pour être placé à coté du centre de MBANZA NGUNGU. A notre époque, c’est le jeudi et le dimanche qu’il y avait grand marché. Les villageois venaient en grand nombre, les camions des commerçants allaient les chercher dans les villages lointains et les ramenaient ensuite.

    Magasins de l’avenue Nsona Nkulu

    Derrière le magasin OTRACO, après la station SHELL, vous longez le route NSONA NKULU et en face de la Résidence des Sœurs, cette vallée produisait des fraises, des cèleris, etc… les mamans maraîchères étaient aidées et encadrées par des Moniteurs Agricoles. Tout le long de la route de NSONA NKULU, c’était des magasins des commerçants Portugais : Monsieur LUCAS, VELOSO, CEDO, FIGUEREIDO, … On y trouvait des vêtements pour hommes, enfants, des wax pour femmes, des boites de conserve, des produits vivriers comme des « Bimpiatu, Mbika, Madezo, Makayabu (Minsambu), … Au Couvent des Sœurs, en face des bureaux de la SNEL, il y avait des plantations de confiture et une bananeraie. Actuellement, tout est parti et sur ce terrain, on construit une école primaire. Nous entrons à la Paroisse Sainte-Thérése. Derrière la Cure se trouvaient des plantations de café et derrière l’actuel Institut Tata BANKAZI, une source « la LUNZADI » qui arrose cette vallée appelée dans le temps « NDIMBA LETA » ou la vallée de l’Etat. On y cultivait des oranges, des citronniers, des légumes, des oignons. On y pratiquait aussi la pisciculture. Le tout sous la supervision des Moniteurs Agricoles.

    Les Avenues Foyer, Lutete, Tintika,… n’existaient pas. C’était la brousse. Des eucalyptus bien rangés sur l’actuelle Avenue Foyer. Nous prenions ce passage comme raccourci pour aller à Sainte-Thérése, en Ville ou à NSONA NKULU. Si vous prenez l’Avenue Clémentine, vous allez jusqu’au fond, vous trouverez une sorte  de « YENGA ». C’était la carrière si vous voulez. Il y avait de l’argile et c’est là que l’on façonnait les briques qui servaient à construire des maisons. Vous prenez les Avenues Clémentine, Astrid, Tabora, Prince Baudouin, vous prolongez sur l’Avenue Offitra jusque chez Papa WAYOLO, la cité s’arrêtait là. Tout le reste, les Avenues Tordeur, Renard, Debeaufort, Kinzonzi, Kasaï, Lunzadi et même la Paroisse Christ-Roi, tout cela s’appelait « MBUKA SIKA » c’est-à-dire nouvelle cité. Les Papa MAWONSO, TUMBULA, BAKEBONGO, NSIAMASUMU sont dans le lotissement « MBUKA SIKA »..