• L’article de notre ami Crispin Lukoki sur la vie de Papa Ali Sidi alias Nkadi a Mpemba nous pousse à vous raconter une autre face de la vie de cet homme très controversé que fut le grand frère de Mama Ndundu. Homme d’une très grande influence dans les milieux de nos colonisateurs, il appartient à cette race des gens qui ont facilité cette intégration des indigènes dans la culture des blancs. Etant considéré lui-même comme un assimilé, c’est en connaissance de cause qu’on lui avait autorisé d’exploiter un dancing bar. Outre ce secteur qui était à l’époque très restrictif, Nkadi a Mpemba s’était essayé aussi dans le football. Si la pratique du football sport-roi était une activité particulièrement réservée aux expatriés dans le cadre de leurs loisirs, il est tout à fait normal que Papa Ali Sidi qui était très proche des hommes blancs soient comptés parmi les premiers indigènes qui ont tapé sur un ballon de football à Thysville. Lisez !!!

     

    L’apprentissage et les premiers pas vers le football

     

    A maintes reprises, nous avons toujours souligné que les grandes activités de la vie quotidienne dans la ville de Thysville étaient concentrées dans la ville haute, plus précisément dans les parages de l’atelier de l’Otraco. Outre la cité des agents expatriés de cette société construite dans ce qui fut la forêt de Noki, il y avait  sur la route qui menait vers le village Langa dans les parages de la station de pompage de la REGIDESO, quelques villas destinés aux officiers de la Force publique. C’est eux qui formèrent les premières équipes de football, sans oublier les commerçants portugais, ainsi que les agents oeuvrant dans l’administration publique. Les premiers autochtones qui ont appris le savoir dans cette localité usèrent leurs culottes en ville, les uns à l’école primaire du Sacré Cœur sous la direction de Père Jean et Père Di Dondère, les autres à la BMS dirigée par les Révérends Pasteurs Kesbo et Jennings, soutenus dans leur mission pastorale par Nengua Jennings et Nengua Diamatondo, célèbre pianiste qui fut la propre fille du couple Jennings. C’est dans cette dernière école que Papa Alexandre Mabidi, notre géniteur après avoir appris à lire et à écrire à l’école régionale de Nkolo, viendra  poursuivre sa formation en 1934, en compagnie de ses condisciples Nzuzi  Pierre, Matthias Sengele et Antoine Wantuadi,  avant qu’ils n’aillent parachever leur formation de Moniteur à Ngombe Lutete. Papa James Maketa qui réside à Nsona Nkulu fut leur aîné d’une année à l’école. La première cour de football où les militaires et cadres de l’Onatra ou de l’Administration publique s’adonnaient à cœur joie à la pratique des sports était située à l’actuel emplacement de l’ISP. C’était le terrain Immocongo.

    Nous n’avons cessé de le répéter, Thysville fut une cité des forgerons. M. De Greffe fut le premier sportif qui a initié les jeunes travailleurs de l’Otraco à cette activité. Son équipe portait l’appellation de la Renaissance. En même temps, avec la construction de la cité des indigènes communément appelés Sanzela dans le jargon local, les premières  équipes de football animées par des indigènes virent le jour. Ne soyez pas étonné que Papa Ali Sidi dit Caïen et Papa Alphonse Lukoki alias Mpakasa furent les deux premiers encadreurs sportifs de leur génération. Garagistes tous les deux, Papa Ali Sidi qui habitait tous sur l’avenue ex-Léopold et Alphonse Lukoki, un angolais venu de Uige qui résidait sur l’avenue Stanley, à l’actuel emplacement du Dancing Bar T-KM  furent en compagnie de Amara Sidi Roi de la plaine et autres Mungunda ou Pierre Mero parmi les premiers joueurs indigènes qui firent partie de la première équipe Euroafrique de Thysville. Papa Ali Sidi qui ne supportait pas la concurrence mena la vie dure à Papa Lukoki qui fut obligé de plier bagages et quitter Thysville pour aller s’installer à Léo.

    La construction de l’Eglise et de l’Ecole primaire Sainte Thérèse par l’Otraco en 1937 sonna le glas qui contribua à la naissance des deux premières équipes de football véritablement organisées de la place. Grâce au Père Phillipaert et à Tata l’Abbé Emile Dinganga , naquit le FC Amicale dont la majorité des joueurs apprirent les rudiments du football sur la cour de recréation de l’Ecole Sainte Thérèse. Comme une équipe ne pouvait pas exister seule, car l’Amicale, réputée comme une équipe scolaire,et de ce fait n’avait pour seuls adversaires  que les équipes de Tumba et de Ngombe Matadi, les anciens de la Renaissance dont le nom avait une connotation française décidèrent de débaptiser le nom de leur club qui va porter celui des  Diables Rouges qui était très proche de la culture belge.  Avec l’Amicale et les Diables Rouges, le football ngunguois va acquérir ces véritables lettres de noblesse. Deux équipes pour une cité en pleine extension, c’était trop insuffisant. A Nsona Nkulu, vu le trop plein des joueurs, il fut créée une deuxième équipe dite de réserves des Diables Rouges et qui fut surnommée Renaissance. A Sanzela, L’Amicale en fit autant avec Ami-Sports. C’est dans cette ambiance que naquit le FC Dragons , première formule, une œuvre signée Ali Sidi. En 1958, Amicale et Dragons se rencontraient dans un match au sommet. Trop sur de sa victoire, Ali Sidi avait promis de fermer son dancing bar durant six mois au cas où la victoire lui échappait. Les supporters de l’Amicale de la Terre qui avait remporté haut la main cette rencontre, organisèrent une procession jusqu’à l’entrée de la Mutuelle Bar entonnant les chants suivants :

    « Mokolo se Mokolo, Ko tiya tembe te, …. »

    « Ehhh Mama Amicale aye mabe…. »

    Homme d’honneur et respectant la parole donnée, La Mutuelle Bar fut fermée sur ordre de son patron. Voilà la petite histoire qui a précipité le déclin de la Mutuelle Bar.

     


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