• Ce sont les rares indigènes qui savaient soit tenir le bic (stylo) et de ce fait furent les premiers collaborateurs des mindele qu’ils ont servi soit, dans les services de l’administration publique coloniale, parfois  en qualité de « Kapita » ou chef d’équipe au sein de la société des chemins de fers. Ces papa-là étaient en avance sur leur temps, car ils remplissaient avec brio, différentes tâches administratives ou techniques qui leur furent confiées et encadraient correctement les travailleurs mis à leur disposition.

    En 1922, Papa Pierre  Nsumbu du village Kidezo de Nkolo fut le tout  premier Commis indigène affecté au bureau de l’Administrateur du Territoire de Thysville. Il a exercé ses fonctions de 1922 à 1937, année de sa disparition trop précoce. Papa Nsumbu était le propre grand frère de Papa Camille Wazolao, alias Ndibu a Ngolo que Crispin et moi, avions connu à l’Athénée Officiel de Thysville où il fut notre Assistant médical.  Toutefois, c’est un originaire de Mbanza Manteke, Monsieur Mawolola Lundoloka qui eut le bonheur de travailler comme premier greffier noir au Tribunal extra-coutumier de Thysville. En 1925, Nkaka Emmanuel Lubalu, une autre légende de Nkolo, fils du Chef médaillé Kautako Ngyadi rejoignit Tata Nsumbu. Deux années plus tard (1927), c’est son petit frère Nkaka Jules Benga, un autre fils de Mfumu Kautako qui viendra renforcer leur équipe. Le simple fait de travailler à côté des blancs, conférait à ces Messieurs, un statut déjà spécial. Ce respect les a accompagnés jusqu’à la fin de leurs vies.

    Mfumu Tintika, est le premier Chef du centre extra-coutumier de Thysville. Mais, l’homme qui a le plus marqué de son empreinte indélébile son passage à la tête de ce service restera sans conteste Mfumu Augustin Kinzonzi, son successeur. C’est l’un des premiers immatriculés de Thysville. Il est  décédé en 1955. Le jour du transfert de sa dépouille mortelle dans le manianga fut déclarée férié et chômé sur toute la ville de Thysville. Un long cortège accompagna le corps jusqu’en ville à la station Fina pour un dernier au revoir à celui qui incarnait l’autorité dans cette cité. Lorsqu’on se place dans le contexte de la vie à l’époque coloniale, on se rend parfaitement compte de l’influence que celui-ci avait dans sa ville. Il fut difficilement remplacé à la tête de la cité après d’interminables tractations par Mfumu Lutete Paulin, un ancien assistant médical que les notables Ndibu (Papa Ntela, Papa Kimbamba, Papa Ndongala Gracia, Papa Adolphe Ndualu) allèrent chercher à Cattier où il prestait à l’hôpital de l’Otraco.

    Dans cette liste des hors cadres, il faut citer aussi le grand garagiste Ali Sidi et sa sœur Ma Ndundu (épouse de l’Assistant médical Ntunkadi). A propos de Papa Ali Sidi qui exploitait aussi le dancing Mutuel Bar, les mauvaises langues disaient de lui, qu’il était un agent au service de la sureté belge. Ceci expliquant cela, sur instigation des anciens de l’ABAKO, un embargo fut décrété sur son bar qui fut obligé de fermer ses portes, faute des clients.

    Avec lui, il y avait d’abord Papa Jean Dibua qui exploitait, un autre dancing de grande renommée, « Congo Bar » sur l’avenue Léopold, puis le duo Jules Benga et Kiamana qui avaient ouvert le dancing Kiakia Bar que les anciens de Thysville désignaient sous le nom de Paris  Soir de Thysville.

    Nous ne pouvons pas terminer cette liste, sans faire allusion à ces personnalités de très grande notoriété qui œuvraient  à côté des missionnaires (catholiques et protestants). Qui n’a pas connu Papa François Mbaki et Mfumu Zingi à la paroisse Sainte Thérèse ou Pierre Nkezi au Couvent des Sœurs Notre Dame ? De même que le nom de Papa Emile Disengomoka résonne encore dans les cœurs de tous les habitués de la paroisse protestante de Mviloti. Qui peut nous contredire ou dire mieux ?


    5 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique