• Au moment où je prends mon avion pour me rendre en vacances à Thysville, je lance un autre débat sur les familles dites « évolués » de Thysville, ainsi que leur particularité par rapport aux autres habitants de notre cité. Le terme Evolués tel que nous allons l’aborder dans ce feuillet risque de prêter confusion dans les esprits, car si on se réfère aux pratiques de notre période d’enfance, la plupart des personnes que nous allons citer dans ces lignes n’avaient pas cette qualité. En réalité, ils étaient à compter du bout des doigts ces congolais que les blancs considéraient comme « évolués » et à qui ils attribuaient la fameuse carte d’immatriculation, pour avoir réussi leur pleine intégration sociale dans le mode de vie européen. Ce n’est pas n’importe qui pouvait accéder à ce rang. Seuls quelques privilégiés furent acceptés dans ce cercle fermé. Si les bribes d’informations en notre possession sont exactes, seuls Mfumu Augustin Kinzonzi, Emile Disengomoka, Papa François Mbaki, Pierre Nkezi, Ali Sidi et Jules Benga avaient ce statut. Quiconque détiendrait des informations sur ce sujet peut nous en parler. Le débat est ouvert. Cela n’empêche que certains congolais, tout en restant des collaborateurs directs des mindele, furent versés dans le même panier à crabes des citoyens ordinaires. Toutefois, comme vous allez le remarquer dans notre énumération, ces personnes que nous allons vous présenter ont en commun, cette notoriété acquise par leur envergure au plan interne et d’avoir été accepté, notamment à bénéficier de l’appui des autorités dans la modernisation de leurs habitations avec l’octroi pour certains, des crédits dits Fonds d’avance. Ainsi, dans notre démarche, nous avons plutôt établi avec Crispin Lukoki « Simbi kia Nkulu » , une liste non exhaustive des têtes couronnées à Thysville que nous avons classifié en quatre catégories. Dans le premier lot, nous citerons les Hors cadre, c'est-à-dire, ces personnes, toutes catégories confondues réunissant l’unanimité autour de leurs noms grâce à leur rayonnement et leur grande influence dans la cité. Aimés ou détestés par leurs contemporains, ces Messieurs méritaient le respect de leurs concitoyens qui les traitaient avec les égards dus à leur rang. C’étaient des privilégiés dans une société basée sur le respect de l’autorité établie et de la loi incarnée par le pouvoir colonial. Une deuxième catégorie sera constituée des Kalaka. Les Clercs ou Commis de l’Etat, ceux-là même qui à divers échelons de l’administration coloniale exerçaient diverses fonctions, allant des plantons aux auxiliaires de l’administration publique. Dans cette énumération, les moniteurs, les assistants médicaux et assistants agricoles occupent une place de choix. Enfin, nous allons terminer notre liste avec les premiers artisans installés pour leur propre compte à Thysville et ceux qui ont pu émerger à partir de leurs villages natals. Je promets à tous les Bisimbi bia Mpa que je vais mettre à profit mon prochain séjour à Mbanza Ngungu pour m’entretenir avec Mbuta Matuta Mariano, Mbuta Simon Vingadio, Vieux Barabas et autres Ketpit alias Pierre Nkezi Fils, les rares rescapés de cette belle époque qui peuvent nous décrire pendant qu’il est encore temps, l’histoire de notre cité.


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