• Les amoureux et férus du ballon rond de Mbanza Ngungu connaissent-ils le passé glorieux et l’histoire du football de leur cité ? A l’instar de toutes les grandes agglomérations du pays, Thysville a connu ses moments de gloire et a produit quelques monstres sacrés qui ont fait la pluie et le beau temps au mythique stade de Nsona Nkulu. Témoin de l'histoire, je m'efforcerai de vous faire revivre quelques temps forts et les noms de quelques footballeurs de légende que notre cité a connue. A tout Seigneur, tout honneur, j'ouvre cette rubrique avec NSIBU alias De La FUFU.  C’est le gardien magique de la première génération des rouges et noirs. A Thysville, il n’avait pas de concurrent à ce poste. Pour vous confirmer mon propos, je vous informe qu’un autre goal keeper de très grande classe qui deviendra comme lui une vedette confirmée du football congolais n'a jamais été titularisé dans l'équipe de leur employeur. Signalons en passant que la tendance à Thysville à cette époque voulait que tous les travailleurs de l'OTRACO étaient obligés de jouer au sein des Diables Rouges. Dans la mesure où DE LA FUFU était indétrônable et irremplaçable, le célébrissime Ernest Mbaki Tanzi dit Biola, révolté par son rôle de réserve condamné, s’en ira défendre les couleurs de l’Amicale, l’ennemi juré des Diables Rouges. Or, Biola n’était pas n’importe quel gardien de buts. L’histoire retiendra que c’est le premier joueur de football du cru formé à Thysville qui a joué au championnat de haut niveau à Léopoldville au sein du FC Union Infanterie du Président Jean Aimé Longby. Le FC Union fut pour ceux qui ne le savent pas l’une des meilleures formations de son époque. Elle réussit un doublé historique en remportant en 1961 et 1962 le titre de champion de football de l’AFLEO au détriment de Daring Imana Matiti Mabe, V-Club Mokonzi ya terrain et des Monstres Du Sang et du Monde de Dragons. Pour revenir à Nsibu, disons qu’à Nsona Nkulu, ses fanatiques les plus chauvins affirmaient qu’il avait une sirène comme totem. « Mamiwata ya kala yani ». La présence de Nsibu dans les perches des Diables Rouges était synonyme de sûreté et de victoire pour son équipe. De ce fait, aucun autre gardien de buts n’a pu rivaliser avec lui. Il a fallu attendre la montée en puissance de son jeune frère Dikambala qui avait fourbi ses armes au sein de la Renaissance de Thysville pour que De la Fufu accepte de libérer son poste. Toutefois, il ne jeta pas définitivement les crampons, car il se reconvertit joueur de champ et son nouveau poste de prédilection fut celui de demi défensif au milieu du terrain où il jouait le rôle de stabilisateur du jeu de son équipe. Longtemps capitaine des Diables Rouges, lorsque l’heure de sa retraite avait sonné, il prit les rênes du staff technique de l’équipe. En compagnie de son ancien coéquipier DIMBISI alias Champion, ils ont encadré la nouvelle génération qui avait assuré l'indispensable relève pour pérenniser le nom des Diables Rouges. C'est sous leur direction que des joueurs comme Nakoka Maertens, Raoul Kidumu, Putulu alias Mazibidi, Kakinambutako Kalala « Mfumu a Nsi », Mayala Mobarona, Mata Toyota, Bisengo et consorts ont acquis leurs lettres de noblesse à Thysville. Gardien de buts émérite, Demi défensif de très grande notoriété et Entraîneur au sein de son équipe. Voilà la carte de visite de notre hôte de ce jour. Hélas, ces proches savent que le rôle de Nsibu au sein des Diables Rouges ne se limitait pas à ces rôles visibles. Il en fut l’un des plus grands préparateurs psychologiques, celui-là même qui galvanisait les joueurs en leur annonçant avant le coup d’envoi, le résultat du match qu’il connaissait d’avance. Hélas, chaque chose ayant une fin, aujourd’hui, avec le poids de l’âge, il prend comme tous les anciens de son époque un repos mérité dans son antre de Nsona Nkulu… assistant impuissant à l’agonie du football ngunguois.


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