Cadre de retrouvailles des ngunguois de Mbanza Ngungu avec les ngunguois du monde éparpillés dans les quatre coins de la planète...
Impressions de voyage
Congo 2010
Par
Chris, collaboratrice Intal-Congo
En septembre, je suis retournée quelques semaines à Kinshasa et au Bas-Congo. Un retour qui m’a incitée à l’optimisme, en contradiction avec tous les récits négatifs que l’on entend et que l’on lit ici. J’ai habité et vécu parmi la population congolaise durant l’époque de Mobutu, celle de Kabila père et celle de Kabila fils. Je puis donc bien comparer. J’y suis restée lors des pillages et durant la guerre. Mon précédent séjour date d’il y a cinq ans. Le voyage par avion est en effet trop cher.
Nous survolons Kinshasa et je suis surprise de l’éclairage dans la ville. Un bus nous mène vers le bâtiment principal de Ndjili. Le contrôle du passeport et de l’ensemble du livret médical se déroule prestement, sans la moindre tentative de chantage. Nous attendons les bagages. Certains hommes nous offrent leur aide, mais dès que je leur dis que j’ai déjà quelqu’un, ils me laissent tranquille. Quelle différence avec le chaos de jadis ! Nous roulons vers Lemba. Nous ne devons plus nous balloter pour éviter les creux. La ceinture de sécurité est une obligation. Je remarque les prochains jours que tout le monde la respecte. Tôt le dimanche matin, nous effectuons un tour. Il est très paisible de rouler sur les nouvelles routes. Le Boulevard du 30 juin est presque méconnaissable. Les voitures mal parquées sont à coup sûr immobilisées par la police. Il y a beaucoup de nouveaux bâtiments rafraîchis. Partout, on peut voir de grandes enseignes montrant que tout change grâce aux ‘5 chantiers’ du président. Ce qui n’est possible que grâce au contrat avec la Chine, lequel se heurte à tant de résistance dans le monde occidental. En échange d’une concession minière qui garantit 10 millions de tonnes de cuivre et 600 000 de cobalt, les Chinois vont exécuter pour trois milliards de dollars de travaux d’infrastructure. Cela doit être une opération win-win. Les Congolais acquièrent une activité économique qui génère l’emploi et la formation. Et ils reçoivent 32 % des profits après que les investissements et les travaux d’infrastructures aient été payés. Au Boulevard Lumumba, on travaille encore. En chemin, je dirige mes yeux vers les nouvelles constructions. Certaines sont somptueusement fignolées. Chez d’autres, j’ai peur lorsque je pense aux travailleurs sur les échafaudages en bois irrégulier. Quant aux militaires, ils ont complètement disparu du décor. Une file entière de travailleurs vêtus d’uniformes bleus sont en train de s’occuper des bords de la rivière Gombe. Autrefois, les pouspousseurs venaient y répandre les ordures qu’ils avaient recueillies.