Cadre de retrouvailles des ngunguois de Mbanza Ngungu avec les ngunguois du monde éparpillés dans les quatre coins de la planète...
Jadis, la vie à Mbanza Ngungu s’arrêtait au niveau de l’avenue Foyer. Au-delà de cette rue très select, réservée à une catégorie des familles triées sur le volet, il y avait une brousse dans la vallée qui nous conduisait à Ndimba Leta. Cette partie de la ville était inhabitée. C’était un des lieux où les enfants les plus téméraires s’adonnaient à toutes sortes des pratiques propres à la jeunesse de cette époque-là. Un terrain de football de fortune était même installé dans ce coin.
Parmi les célébrités locales inoubliables dans la naissance de ce quartier, nous nous rappelons du Vieux Thomas Makuiza. Ce dernier était connu comme le plus grand spécialiste des « camons » (Nkisi mia ngolo). Lorsqu’il habitait sur l’avenue Thys, c’est à Ndimba Leta qu’il allait organiser ses séances mystiques d’intronisation de ses nouveaux adeptes. Ironie du sort, pour bien le sanctionner, lorsqu’il sollicita un terrain au bureau du Centre extra coutumier pour y ériger sa résidence familiale, c’est justement à l’endroit où il organisait ses incantations et sa traditionnelle séance des casses de bouteilles que fut délimitée par Tata Emmanuel Beti sa parcelle de l’avenue Tintika. Ainsi, l’arroseur fut arrosé. Au moment où il prenait son lopin de terrain, il était d’abord obligé de se débarrasser de tous les détritus qu’il y avait stockés.
L’initiative de la création de cette nouvelle cité revient au Chef de la Cité, Mfumu Lutete Paulin. Si notre mémoire ne nous a pas joué de mauvais tours, ce nouveau quartier qui porte le nom de son bâtisseur, remonte aux années 1962 (?) et fut créé en même temps que le quartier Missioni, juste après la création de la cité de Loma. Elle comprend les avenues Lutete, Tintika, Mbaki I et II qui en constituent l’épine dorsale. Ce quartier fait partie de la paroisse catholique Sainte Thérèse et comprend aussi les cimetières de Nsona Nkulu. La vallée de Ndimba Leta avec ses étangs qui ont cessé d’exister et ont été remplacés par des champs spécialisés dans les cultures maraîchères de pointe, notamment les fraises, faisaient de cette partie de Mbanza Ngungu l’un des passages et le raccourci pour se rendre aux endroits précités. Aujourd’hui, avec la construction du Lycée Bankazi et son internat, le chemin qui conduisait directement à l’école primaire Sainte Thérèse a été bloqué et les entrées dans ces lieux ont été centralisées.
Mbanza Ngungu est une cité centenaire avec sa propre histoire. Elle dispose de ses propres élites formées dans divers secteurs de la vie. Au-delà de la grande ferveur religieuse qui a accompagné notre passage à Sainte Thérèse, nous pouvons toutefois les compter du bout des doigts ces ngunguois totalement engagés qui ont suivi avec brio leur formation au petit séminaire de Kibula, avant d’aller parachever leurs études soit à Mayidi ou à Jean XXIII à Kinshasa.
Au moment où nous sommes en train de raconter un pan de l’histoire de notre cité, avec ces faits marquants, nous venons d’épingler un fait qui mérite d’être porté à la connaissance de nos lecteurs. Le Quartier Lutete, qui a été pourtant érigé après l’accession de notre pays à son indépendance est en train de trôner au Hit Parade des rares faubourgs de Thysville à avoir fourni le plus grand nombre des serviteurs de Dieu à cette cité. En effectuant un passage en revue de nos jeunes prêtres ou sœurs religieuses, nous avons délimité notre enquête sur cette minuscule partie de notre ville située entre l’avenue Tabora jusqu’à Mbaki Bis. Nous y avons inventorié une pléiade des Abbés et de Sœurs qui font l’honneur et la fierté de cette portion de notre cité où nous avions appris à tirer les cent premiers coups de notre vie.
Soyez honorés, Chers Frères et Chères Sœurs. Vous qui avez accepté au moment où les vocations se font de plus en plus rares dans le monde, de mettre votre intelligence et votre savoir faire au service de Christ le Ressuscité. Sans nul doute que la proximité de notre quartier avec la paroisse catholique Sainte Thérèse n’est pas étrangère à votre engagement ; à cette piété et cette dévotion sacerdotale qui souffle dans les environs de ce haut lieu de prières et dont vous avez été les dignes bénéficiaires. Mes oreilles tressaillent encore de joie avec cette leçon que je garderai toujours du bref mais très instructif sermon que le Père Luc Lusala Nkuka (jésuite) avait réservé à ses invités et aux paroissiens, lors de sa messe des prémisses à Sainte Thérèse. Ce jour-là, un homme s’était levé et s’était permis de crier haut et fort devant la nombreuse assistance qui avait participé à cette célébration eucharistique : « On ne s’improvise pas un serviteur de Dieu ».
Bika Tata Nzambi, mvangi a nsi ye mvangi a zulu, ka toma kulusakumuna ye ku lu lunda, lua tatamana mu ku nsadila ye ka vayikisa diaka Nganga za Nzambi za mpa kuna Quartier eto.
Voici à titre illustratif, quelques noms qui me sont revenus à l’esprit… Qui dirait mieux ! Kia mbote kieno, beno bawonsono…
01. Abbé Roger Kufulu, sur Tabora décédé
02. Abbé Alfred Mambangula, sur Foyer
03. Abbé Willy Lunkoka, sur Foyer
04. Père Luc Lusala Nkuka, Jésuite sur Mbaki
05. Abbé Jean de Dieu Mvuanda, sur Tintika
06. Abbé André Mingiedi, sur Tintika
07. Abbé Sabena Kombe, sur Mbaki bis
08. Abbé Janvier Nginadio, sur Mbaki bis
09. Abbé Placide Mayamona, sur Mbaki bis
10. Abbé Pembele, sur Lutete décédé
11. Abbé André Matondo, sur Lutete
12. Abbé Gérard Matondo, sur avenue Tintika
13. Abbé Kombe Sabena, sur Mbaki bis
14. Abbé Laurent Pidi, Diacre décédé, sur avenue Foyer
15. Sœur Joséphine Mawete, sur Mbaki bis
16. Sœur Julie Diata, sur Lutete
17. Sœur Félicité Mbuata, sur Mbaki bis
18. Sœur Kitumua, avenue Tintika
19. Sœur Sylvie Pidi, sur avenue Foyer
Enfin, cette énumération serait incomplète si nous ne faisions pas allusion à ces nombreux chrétiens qui ont consacré leur vie comme laïcs engagés au sein des communautés paroissiales (Sainte Thérèse ou Sacré Cœur) où ils ont toujours donné le meilleur d’eux-mêmes, soit en qualité d’enfants de cœur, soit comme choristes ou musiciens chrétiens. Nous pensons à Cérebos Malenga, Mhass Massengo, Tity Nkuka, Hilaire Nzeza Hit, Albert Malo Baka, Jean Nora Ndombe, Lucien Diata, Nuengi Jo Ballard, Mongali Nglish, Blandine Mayamona… Ce sont là autant d’autres héros dans l’ombre qui auraient peut-être réussi leur carrière dans ce monde ecclésiastique